jeudi 6 juin 2013

Les pieds dans l'eau

Vous avez dû en entendre parler ces derniers jours: le beau Danube bleu est en crue. Et comme je suis toujours au bon moment au bon endroit (guerres civiles, rébellions, requins, volcans, cyclones, boues rouges, tempêtes...) il semblait naturel que je sois aux premières loges.

Un peu d'info: le pic de la crue devrait être atteint mardi, avec 875 cm (en même temps, les prévisions quant à la date reculent et celles quant au niveau augmentent chaque jour). On s'attend au plus haut niveau jamais enregistré (depuis la création des registres). 
Pour une mise à jour régulière sur la situation dans une langue compréhensible par le commun des mortels: http://www.thedaily.hu/floods-on-their-way/ 
Et pour les transports sur Budapest: http://www.bkk.hu/en/2013/06/flood/
L’Île Marguerite est fermée au public, les animaux ont été évacués et certains foyers de la capitale se tiennent prêts à prendre la poudre d'escampette. Mais la ville devrait être épargnée, contrairement à de nombreuses autres plus en amont.

Autant vous le dire tout de suite, le Danube n'est pas bleu du tout ces temps-ci et le niveau de l'eau monte à vue d’œil. Je suis fascinée et j'ai décidé de jouer à "mouille chaussures" pour suivre l'évolution de la crue avec un objectif autour du cou. De jour comme de nuit, je vais braver les eaux mes bottes aux pieds pour partager les images avec vous. Il faudra revenir régulièrement jusqu'à la décrue, car je mettrai ce post à jour à chaque nouvelle collecte!

Mercredi 05 juin 2013 - 20h (Pest)







Jeudi 06 juin 2013 - 01h (Pest)





Jeudi 06 juin 2013 - 07h (Buda)


Jeudi 06 juin 2013 - 22h (Pest)









Vendredi 07 juin 2013 - 07h (Buda)





Vendredi 07 juin 2013 - 20h (Pest)





Samedi 08 juin - 14h (Pest)




Samedi 08 juin - 22h (Pest)




Dimanche 9 juin - 10h (Pest)




Dimanche 09 juin - 22h (Pest)



Petit bilan du dimanche soir: le pic reste attendu demain, mais dépassera la hauteur prévue (puisqu'on l'a déjà dépassée aujourd'hui, on en est à 891 cm) et les défenses à 930 cm tiennent presque partout (elles ont lâché à Batthyàny Tér...)

Les badauds se sont approprié les rails de tramway là où le trafic est interrompu, tout le monde prend des photos et l'ambiance est très familiale. Le ministère de la santé a indiqué qu'il ne fallait pas se baigner pour cause de pollution élevée de l'eau. Des gens ont été arrêtés pour avoir volé des sacs vides destinés à être remplis de sable pour renforcer les défenses. Un attentat au faux sac de sable pyrotechnique a été déjoué. Le très fameux toutou Melvin est devenu une star grâce au photographe local de l'AFP (photo n°3) et je vais me reconvertir en agent pour chiens-stars.

Demain matin, je ne vais pas pouvoir descendre à ma station de métro habituelle, fermée, inondée volontairement pour éviter que la pression exercée par la crue ne pète la route entre le fleuve et la station), mais c'est pas grave. Je pense à tous les gens qui dorment actuellement dans des gymnases parce que leur maison est sous l'eau... Courage à eux, et merci à tous ceux qui se mobilisent pour aider les populations en danger et renforcer les défenses.

samedi 4 mai 2013

Y a plus d'saisons ma pov'dame

Je vous ai laissés la dernière fois en vous faisant croire qu'il neigeait et que c'était l'hiver au printemps, mais que nenni! Désormais, il fait 30°C et c'est l'été. Au printemps. N'importe quoi. 

Les pantalons se sont transformés en mini-shorts, les bottes en talons aiguilles découvrant des ongles vernis, les manteaux en petits hauts décolletés et moulants: ces messieurs expatriés sont heureux de retrouver le Budapest qui les avait tant séduits lors de leur premier séjour, si, vous savez, celui où ils étaient tombés amoureux (de la ville, d'une paire de jambes magyares beaux yeux) et s'étaient juré de venir vivre ici. Pendant le festival de Sziget par exemple...
Pour nous, les filles expatriées, eh bien il y a le plaisir de ressortir ses jupes au genou, ses spartiates et ses chemisettes, et surtout les limonades maison dans les kerts, enfin ouverts...
Ankert
Et pour moi, personnellement, c'est le retour de la saison des concerts en bateau et en plein air.

Mais avant de parler musique, parlons sport. J'ai ressorti ma Wii et surtout mon vélo: pour rien au monde je n'aurais raté le dernier Critical Mass! Ils estiment avoir atteint leur objectif en termes de pistes cyclables dans la ville et souhaitent que les cyclistes s'investissent plutôt dans des associations. Moi, je dis "bof", mais ce n'est pas moi qui décide...
Comme l'année dernière, l'ambiance était festive, familiale, sportive un peu aussi, et c'était toujours aussi agréable de circuler dans Budapest sans voitures. 













Après tout ce sport, pas question de se reposer. Je me suis laissée entraîner au concert de Russkaja à l'A38, et je suis devenue FAN (bon, OK, je suis aussi tombée amoureuse du batteur - ça devient une habitude, pourtant si je me souviens bien, ado, je préférais les bassistes... - mais bon, quelle crête!!!)





Dans le tourbillon de folie, je me suis fait dédicacer (à droite, le tromboniste et à gauche, la signature du batteur ^^). Il faut bien que jeunesse se passe... et puis, ça a commencé avec le gros monsieur en jaune qui prenait des photos et a eu l'air d'apprécier les jeux de lumière sur mon décolleté. Argh! Plutôt que de déprimer sur le type de mâles que j'attire, j'en ai rigolé.


La soirée a continué au Szòda pour un anniversaire, puis au Fogashàz, et j'ai eu bien besoin du dimanche pour me reposer avant d'aller retrouver mon père à Barcelone (post sous peu, inch'Allah).

Après Barcelone, je me suis remise à cuisiner et ai même commencé à me faire mon propre pain, et j'en suis très très fière! Et je suis allée voir d'autres concerts.

J'ai notamment découvert Junip, qui ne restera pas dans mes meilleurs souvenirs musicaux, en revanche j'ai beaucoup rigolé. Tous les moustachus de Budapest s'étaient donné RDV au concert, et tout le monde dansait de la tête, d'avant en arrière, comme un chien sur la plage arrière d'une voiture... quand ça dansait. On voit bien sur la vidéo que je suis beaucoup plus loin que d'habitude, et c'était bien comme ça.


En termes d'ambiance, je me suis rattrapée avec Kultur Shock au Budapest Park. J'avais acheté leur avant-dernier album et étais impatiente de les voir, quitte à y aller seule. C'est chose faite! Nous n'étions vraiment pas nombreux, mais tellement enthousiastes. J'étais un peu navrée pour eux, qui se déplaçaient des USA pour une tournée européenne, mais j'étais ravie d'y être. Je crois que c'est le concert le plus bourrin auquel j'aie jamais assisté, mais c'était trop bon!!!


Il y a encore du très lourd à venir en termes de concerts (Depeche Mode, Wagner!) mais je vais essayer de me mettre à jour au sujet des voyages (Doha-Istanbul, Barcelone). A très vite!

mardi 9 avril 2013

La dolce vita

Avec les beaux jours qui se rapprochent (on en a eu UN, hier!) et la neige qui a presque fini de fondre là-bas, au fin fond de Buda, le moral hivernal se fait chasser par le moral printanier, les siestes se font plus courtes, le frigo se remplit petit à petit, je sens que je vais bientôt reprendre une vie normale. J'envisage de me remettre à la Wii pour bouger mon gras et quand j'aurai fini de taper sur mon clavier, j'irai me détendre les doigts sur mon piano. J'ai mon deuxième cours demain, et si je ne m'entraîne pas, ça va chauffer pour mes oreilles.

Côté musique, si j'attends d'avoir fini le tour des concerts auxquels je dois assister, je ne publierai jamais rien, alors je vais me contenter de vous parler d'Irie Maffia et du Festival de Printemps de Budapest.

Irire Maffia, c'est un gros collectif avec Sena, la chanteuse des sonnets de Shakespeare dont je vous avais déjà parlé dans le cadre du festival Kültürfürdö (bains de culture? culture dans les bains? les deux?). Ça faisait longtemps que je voyais leur nom sur des affiches et que j'étais curieuse de les écouter. Je pensais que c'était du reggae, mais c'est du reggae et bien plus encore! Du rock du funk, du ragga, du hip hop... et une folle ambiance sur scène comme dans le public. J'ai été très surprise de reconnaître le premier morceau qu'ils ont joué. Et avec mon camarade de concert Mr N. nous nous sommes laissés happer et enthousiasmer. La suite en images!


Le concert avait lieu à l'A38 et les fonds étaient reversés à une association pour les enfants malades. 

Dans un autre registre, j'ai assisté à deux spectacles du Festival de Printemps, au Palais des Arts. Chaque année j'essaie d'y aller, en fonction des soirées occupées à cette période par les conseils de classe. J'ai pu voir deux œuvres que j'attendais avec impatience: le Messie (de Haendel, hein, pas du Barça, y a un "e" à la fin) et le Sacre du Printemps de Stravinsky. La salle est magnifique, avec des panneaux amovibles pour adapter l'acoustique au type de représentation. Et l'orgue...

Printemps? Mon œil!

Je suis allée voir le Messie avec ma copine Mlle G. et nous avons fait les pétasses lyriques en nous barbouillant de gloss à l'entracte pour déconcentrer le ténor (on était au premier rang). On a bien rigolé, et en plus la performance était belle. La preuve:




Pour Le Sacre du Printemps, j'avais oublié que la performance était en 3D. Ce ballet avait fait scandale lors de sa première à Paris en 1913, rompant avec la tradition du ballet classique, sur une chorégraphie de Nijinski pour les Ballets Russes. J'aime autant vous dire qu'en 2013, tout juste 100 ans plus tard, on rompt également avec la tradition en introduisant la technologie 3D. Cela peut évidemment être amélioré (ce qui est déjà accompli par rapport au Château de Barbe Bleue en 3D que j'avais vu à l'Opéra il y a deux ans), mais c’était techniquement intéressant, et j'avais parfois l'impression de regarder un générique de Hitchcock. L'orchestre était installé sous un écran blanc, sur lequel apparaissaient des animations et l'image d'une danseuse, qui était sur scène à droite, filmée devant des panneaux noirs. Parfois, les techniciens ne nous faisaient voir que ses pieds, multipliés et doublés en miroir par exemple. La vidéo vous aidera à comprendre!




La liste des concerts à venir est très longue, avec d'ici fin mai au moins Péterfy Bori, Russkaja, Kultur Shock, un concert de musique de chambre à Barcelone, Depeche Mode, Ibrahim Maalouf, le Pannonia Festival et un concert où c'est moi que je vais chanter mais vous n'en verrez pas la vidéo! Je me prépare psychologiquement à Lohengrin de Wagner en juin, et émotionnellement au festival Bazant Pohoda en Slovaquie en juillet: je vais voir Thom Yorke sur scène... Love, cœur, cœur, love, love... #groupiedeplusde30ans

En plus de toute cette excitation à venir, il faut que je vous raconte ma dernière "folie". Deux fois par semaine, quand je vais à mon cours de chant, je passe devant un antiquaire qui expose dans la rue un mannequin sans tête avec une petite robe noire mi-dentelle, mi-franges charleston, et qui me fait de l’œil, la coquine, depuis des mois... Hier, après une heure de performance vocale pas trop trop géniale, je me suis senti pousser des ailes de la vengeance et j'ai décidé de l'essayer. Un peu timide, je suis entrée dans la boutique, expliquant maladroitement que je parlais mal hongrois (je pense qu'ils ont vite remarqué). La dame parlait anglais et m'a proposé d'essayer la robe dans les toilettes. Ni une, ni deux, je me lance, et contre toute attente, la robe a l'air de m'aller comme un gant. Je vais vérifier ça devant un des nombreux miroirs en haut du petit escalier qui mène aux autres vêtements vintage et j'ai la confirmation du miracle: cette robe a été taillée pour moi! Elle est donc au nettoyage à sec, et sera bientôt de sortie au Lokal pour une deuxième vie de soirée où on danse le charleston (sauf que ce sera surtout ce qu'on appelle, figurez-vous, de l'électroswing, j'ai découvert ça vendredi dernier après une première partie de soirée animée par le violoniste de Goulasch Exotica - voir un clip! - qui rajoutait des accords en live, cœur, love).

Bon, et puis vous l'aurez peut-être compris, je pars à Barcelone dans deux semaines, avec un programme chargé et gaudiesque en compagnie de mon Papa, j'ai hâte, j'ai hâte! Bref, la vita è bella e dolce.